12 octobre 2007
Immersion druidique
Heureuse d'être là
avec elles, rien ne m'aurait fait manquer l'intronisation de notre
petite soeur dans le monde adulte.
Pourtant, il n'y a plus
de place pour moi ici. Respirer ici est devenu pénible. L'air
sec et chaud me brûle et m'irrite la gorge. Je n'ai qu'une
hâte... rentrer dans mon monde, au milieu de ceux qui m'ont
accueillie les bras et le coeur ouverts...
J'aime mes soeurs, mais
la vie avec les terrestres m'est devenue insupportable.
Revenir sur ce lieu ravive tant de souvenirs douloureux. Revoir l'autel sacrificiel perce un noyau de souffrances, un ulcère de peines enfoui au fin fond de mon corps. Je sens l'amertume m'inonder comme l'acide des regrets, un poignard s'enfoncer dans l'anfractuosité de mes réminiscences... confuses et pourtant si distinctes.
Le soleil de mon enfance s'est couché ici... le jour de ma naissance. Responsable et coupable d'exister. Je suis le portrait de mon père, l'accident de ma mère, la preuve de sa défaillance... une folie qui n'aurait jamais dû voir le jour.
Combien de fois m'a-t-elle incendiée ici, me faisant porter le poids des bêtises de mes soeurs, parce que j'étais l'aînée, parce que j'étais l'erreur. Seuls Ono et Thio semblaient comprendre ce qui se passait, essuyant mes larmes, m'apaisant de leurs bras protecteurs, me protégeant de Lumine qui ne manquait jamais une occasion pour rapporter nos faits et gestes à maman, envenimant le moindre détail.
Lumine... j'ai l'impression de revoir maman... les mêmes traits, la même puissance et impuissance, la même fourberie diabolique quand elle dévisage, la même férocité dans le regard, la même fragilité aussi... quoique j'en dise, je l'aime... comme je l'ai aimé, elle...
J'ai mal... mes poumons
n'ont plus l'habitude...
des étincelles se
propagent autour de moi
Cette chaleur d'enfer...
la poussière... je sens une sueur froide couler lelong de mes
tempes... j'asphyxie... j'essaie de m'agripper au bras de Thio...
Vertige... je...
Commentaires
Je cherche la soeur que je préfère...et c'est tantôt l'une, tantôt l'autre. Alors je cherche celle que je déteste, qui me blesse et me fait mal, et je ne trouve pas. Que l'ombre du moi en elle.
Coeur bougeant, coeur vivant...Alors je me sens Thio, pleine de vigueur à te soutirer de tes flammes intérieures, à te faire respirer toutes les mers de liberté.
Tu m'ennivres, me délivres en te sauvant j'accomplis l'acte, celui sans nom, sans réfléchir, de l'abandon...
Après je ne sais plus...qu'un souvenir. Fort. De toujours voilà revenir. Encore.
Je t'embrasse Oannesia de laisser partir mes mots entre tes bras...Ne meure pas. Pas une seconde fois. Respire. Respire la fraîcheur du premier jour...
Je te quitte en soif de ton souffle, du mien...
Mais je te serre fort et tu ne tomberas pas. Promis.
Craché.
Trait pour trait.
Aslé
...
Aucune n'est paisible dans leurs songes les plongeant à l'origine de leur monde de plaies et plaisirs...
Les bras se tendent... ouverts et éperdus... les mains caressent et frappent, blessent et soulagent et les mots s'arrêtent pour chacune à la frontière de la bouche...
Elles sont si semblables dans leurs différences... si proches de nous, Aslé...
Trait pour trait :)
Je t'embrasse
Bsr Oanna!
Merci d'être passée chez moi!
C'est vrai que tu es celle dont les mots m'ont troublée ailleurs, sur cet espace que tu as délaissé.
Je te dis courage!
L'existence est une saloperie! et les Hommes sont par essence persécutés (par eux-mêmes, le plus souvent)
PM!
Merci petite Momie,
L'existence n'est pas la pire saloperie que je connaisse ;)
bien au contraire...
Existentialiste ou humaniste? telle n'est pas la question... être essentialiste, riche des sens et des émotions, comme des huiles essentielles qui redonnent vie au corps et renforcent l'être dans sa profondeur...
Bises
